7 octobre 2026

Une mission qui demeure : ce que l’expérience missionnaire dit à l’Église aujourd’hui

Fin septembre à Fribourg, la Journée des missionnaires l’a montré : la mission n’est pas à sens unique. Elle est rencontre, échange et se poursuit bien au-delà du retour.

Près de 70 missionnaires, ainsi que d’autres personnes engagées venues de toute la Suisse, ont pris part à Fribourg à la « Journée des missionnaires ». Markus Cott, directeur national de Missio Suisse, a donné le ton avec une question : « Mission accomplie ? » Que reste-t-il d’une expérience missionnaire ? Qu’ont reçu celles et ceux qui sont partis ? Et que signifie la mission aujourd’hui ?

Une carte du monde a rendu visibles leurs lieux d’engagement : en Amérique latine, en Asie et surtout en Afrique. Derrière les repères, des parcours très différents : plusieurs années comme missionnaire laïque à Kinshasa, un demi-siècle comme religieuse en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou une vie de famille durant un engagement ecclésial à Taïwan. Mais la Suisse figure désormais elle aussi sur cette carte. Des prêtres, religieux et agents pastoraux venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sont engagés ici. La mission ne se déploie plus dans un seul sens : elle est rencontre et échange entre cultures et Églises diverses.

Donner – et recevoir à son tour

Trois anciens directeurs nationaux de Missio Suisse ont approfondi ce constat. Le diacre Martin Brunner-Artho, directeur national de 2011 à 2021, a décrit la mission comme le fait de « faire place à l’action de Dieu ». On ne peut ni fabriquer la foi ni « gagner » quelqu’un à la foi. Dieu est déjà là ; la tâche de l’Église est de discerner son action et de lui faire place.

Le P. Bernard Maillard OFMCap, directeur national durant dix ans dès 2001, a mis l’accent sur la réciprocité : « L’Église universelle, ce n’est pas seulement donner. C’est aussi recevoir. » Les autres Églises locales ne sont pas uniquement bénéficiaires d’un soutien, mais des partenaires dont l’Église en Suisse peut apprendre.

Le P. Damian Weber CMM, directeur national dans les années 1990, a rappelé que la mission n’est pas une tâche spécialisée confiée à quelques œuvres, mais la responsabilité de toute l’Église. Ses treize années en Afrique du Sud lui ont montré combien la mission signifie aussi recevoir. « Ce qu’il y avait de plus beau, c’était de se sentir porté par ces personnes », a-t-il déclaré.

Le retour, une nouvelle étape de la mission

Le lendemain, le Service Fidei Donum de la Conférence des évêques suisses a poursuivi l’échange à Pensier (FR). Comment les expériences missionnaires peuvent-elles continuer à porter du fruit après le retour en Suisse ? Les réponses sont concrètes : écouter et accompagner des personnes isolées ou vulnérables, s’engager dans des paroisses et des institutions ecclésiales ou ouvrir sa maison à d’autres.

Les échanges ont aussi évoqué des communautés ecclésiales de base, groupes bibliques, chemins de pèlerinage et repas partagés. Ces expériences ne peuvent pas être simplement transposées en

Suisse, mais elles peuvent ouvrir de nouvelles pistes. La mission fait tomber les murs, dépasse les frontières et ouvre de nouveaux horizons.